Dakar et les eaux de pluie

Alors que la SDE nous assoiffe

Nous réclamions, depuis quelques jours, l'eau à la Sénégalaise Des Eaux ( SDE) et nous eûmes droit en plus de l'eau du robinet à celle provenant de la générosité du ciel.

Ce matin, il a plu et il continue à pleuvoir sur Dakar. Une de ces pluies qui vous font revenir à la réalité comme quoi : tout est à refaire sous nos cieux. L'eau de pluie stagnait un peu partout; ce qui rendait les routes impraticables.100-5910.jpg

Le chauffeur du taxi que nous avions pris pour nous rendre à une centaine de mètres de la RTS fit un détour : le boulevard Dial Diop lui faisait peur. Il sut très tôt que sa voiture ne ferait pas l'affaire.

Il passa par la Zone B puis déboucha sur Fass ( où nous aperçûmes, bizarrement, un scootériste qui conduisait en tenant la direction avec sa main droite au moment où dans la main gauche se trouvait un verre de café chaud et une cigarette, tenez-vous bien, sous la pluie) avant de revenir sur les allées du Centenaire. Notre taximan ne savait pas qu'une surprise l'attendait : le rond-point jouxtant la BCEAO était transformé en parking car l'eau de la pluie avait atteint un niveau impressionnant de la RTS à la BCEAO.

Deux sapeurs pompiers munis chacun d'une barre de fer tentaient de trouver le bon bout de la canalisation pour l'évacuation de cette eau pluviale qui avait presque tout englouti causant au passage la panne des deux bus en partance pour Dagana et Saint-Louis. Le flux des bus du réseau était irrégulier, du moins seule la ligne menant au palais fonctionnait normalement et non l'inverse.

Après quelques minutes d'attente, nous nous résolûmes à marcher et ce fut un délice. Un réel plaisir avec cette marche ponctuée de découvertes de toutes sortes. Avec cette marche, nous redécouvrîmes le sens de l'expression "poule mouillée" : à moins de cinq mètres du Ministère de l'Urbanisme, un vendeur de poulets du "pays ou ordinaires" s'occupait de ses poules mouillées qu'il avait pris le soin de mettre dans un filet de couleur verte. Auparavant, nous apercevions des moutons trempés jusqu'aux os et qui se tenaient immobiles dans cet enclos de fortune se trouvant le long du mur du Lycée des jeunes filles John Fitzgerald Kennedy. Marcher sous la pluie fut un plaisir incommensurable, comme du reste, il l'était pour ces enfants jouant au ballon que nous avions croisés devant le Centre Culturel Blaise Senghor.

Diallo Ibnou

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Date de dernière mise à jour : mercredi, 25 septembre 2013