Les encyclopédistes du dix huitième siécle

Texte trente quatrième

                                                                                                             11/01/2015

La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c’est une maladie convulsive et violente du corps politique, il n’est en santé, c’est-à-dire dans son état naturel que lorsqu’il jouit de lapaix ; c’est elle qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l’ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur nécessaire ; elle favorise la population, l’agriculture et le commerce ; en un mot elle procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute société. La guerre au contraire dépeuple les Etats, elle y fait régner le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu’elle introduit ; elle rend incertains la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce, les terres deviennent incultes et abandonnées. Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte d’une multitude de ses membres que la guerre sacrifie ; ses victoires même lui font des plaies profondes que la paix seule peut guérir.

Si la raison gouvernait les hommes, si elle avait sur les chefs des nations l’empire qui lui est dû, on ne les verrait point se livrer inconsidérément aux fureurs de la guerre, ils ne marqueraient point cet acharnement qui caractérise les bêtes féroces. Attentifs à conserver une tranquillité de qui dépend leur bonheur, ils ne saisiraient point toutes les occasions de troubler celle des autres ; satisfaits des bien que la nature a distribués à tous ses enfants, ils ne regarderaient point avec envie ceux qu’elle a accordés à d’autres peuples ; les souverains que des conquêtes payées au sang de leurs sujets ne valent jamais le prix qu’elles ont coûté.

                                    L’Encyclopédie

Quelques axes de lecture

-          Le XVIIIème littéraire français

-          Les Encyclopédistes

-          Les vertus de la paix. Une paix à garantir

Bon dimanche à tous

Sunumbir retient : Si la raison gouvernait les hommes …

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