La com gouvernementale sur l’éducation nationale

Pour une école performante !

Chaque régime multiplie les initiatives au nom de l’école sénégalaise. De telles initiatives ne sont pas toujours en phase avec les réalités de notre système.

Il est un temps où la coupe de notre réserve finit par déborder eu égard à tout ce qui devrait être dit et qui ne l’est pas. La communication gouvernementale ayant trait au secteur de l’éducation obéit à une logique intéressée, comme toute communication d’ailleurs ne manqueront pas de nous dire des observateurs avertis.

Notre Ministre de tutelle a, lors de l’émission Les Affaires de la Cité, présenté l’école sénégalaise sous plusieurs angles. Ces points nous auront intéressés parmi tant d’autres :

-          Le bas niveau des enseignants : M. le Ministre Serigne Mbaye Thiam, expert comptable fait dans l’excès de zèle quand il parle très souvent du bas niveau des enseignants. Qu’on ne nous reproche pas un parti pris qui ferait qu’on nous prêtât l’intention de dire que tous les enseignants sont à la hauteur. Le vers est dans le fruit. Tout le monde le sait. Malheureusement aucune mesure durable n’est mise en œuvre.

Il dit avoir le courage d’appliquer un système qui ferait qu’au bout de deux ans tous les enseignants qui ne réussiraient pas au test soient remerciés.

Nous pensons que M. Le Ministre voulait juste amuser la galerie. Il est certes inadmissible que des enseignants fassent preuve de négligence au point d’exposer leurs limites mais M. le Ministre devrait plutôt proposer un plan pour inverser la tendance et non pour alimenter les rangs du chômage.

-          Le curriculum : Un nouveau programme opérationnel dans le cycle primaire depuis quelques années. Le curriculum n’est pas maîtrisé par des enseignants qui l’ont ressenti comme une imposition mais qui essaient tant bien que mal de s’adapter. Un problème de taille négligé pour plaire aux bailleurs. Au Sénégal, on applique ainsi le système canadien. Et c’est bien. Notre très courageux Ministre ne veut pas pour autant qu’on remette en question ce curriculum.

-          La fraude :  Nous avions décidé de ne point parler des cas de fraude en attendant de voir le traitement du dossier. Pour nous, le mérite doit être au centre de tout. Seulement la posture de notre patron nous pose problème. M. Thiam voudrait nous donner l’impression d’avoir les coudées franches dans ce dossier alors qu’en réalité le problème est beaucoup plus complexe.

Ces élèves écartés au bout de plusieurs mois de formation sont-ils fraudeurs ou bénéficiaires ? S’ils n’ont pas versé de sous pour être admis, ne devraient-ils pas être indemnisés ? Un système sérieux peut-il enregistrer une fraude d’une telle envergure ?

-           Les quotas  ou recrutement de complaisance : Bon nombre d’enseignants et d’hommes politiques ont profité des quotas sécuritaires : c’est un secret de polichinelle. Le patron de notre patron en avait bénéficié tout comme d’autres PM. Il faudrait bien qu’on le dise.

Ce que les autorités ne disent pas

Elles ont mis en place un Paquet de Logiciels Académiques Normalisés Pour les Etablissements  et les Ecoles (PLANETE). Une avancée considérable qui ferait que les enseignants de même que les surveillants remplissent les traditionnels cahiers   de texte en ligne. Une prouesse qui est imposée sans mesure d’accompagnement. Le très haut débit en terme de connexion n’est pas demandé au Sénégal mais qu’on prévoit l’accès au net dans certaines zones du pays.

Les Programmes d’ajustements structurels en vogue sous Diouf traînent leur lot de discrimination avec des catégories considérées comme «  corps émergents, vacataires et volontaires de l’éducation » et soumises à des conditions décadentes. Le Ministère de l’Education et tout le gouvernement sont conscients des lenteurs administratives inhérentes au traitement des dossiers de ces enseignants qui ont parfois recours à des procédés peu indiqués pour être reclassés dans la fonction publique. Ces enseignants attendent des années (une année pour les chanceux deux, trois voire quatre ans pour les malheureux) pour leur intégration au moment où la clientèle des partis politiques au pouvoir a droit en un temps record à pas mal de privilèges. Les différents Chefs d’Etat en sont conscients paradoxalement le budget fait défaut.

L’éducation pour tous a forcément un prix. Face aux enseignants, la société par le canal de la communication gouvernementale fait valoir un argument, de taille pour certains, le préjudice du nombre. Un argument qui n’a de sens que lorsqu’il est servi par un homme politique, un vendeur d’illusions. De dignes citoyens s’occupent du mieux qu’ils peuvent de la formation des enfants de la nation. La société plutôt à ne pas perdre de vue la noblesse de ce secteur plutôt qu’à les rendre misérables. L’Etat est responsable de chaque politique élaborée. Les vrais syndicalistes mus par les intérêts des enseignants sont interpelés.

Que nos autorités respectent ceux qui donnent le meilleur d'eux pour une école sénégalaise performante !

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