Sokhna Benga

Waly Nguilane, le protégé de Roog, Tome2

Texte cinquante-huitième                                                                                                                 3/05/2015

Après cinq années de commerce, de culture et d'élevage alternés et fructueux, le jeune sereer, devenu grand, devint le plus riche cultivateur-éleveur de la région.
Il se fit construire un palais à l'image des rois de son Sine natal. Sidi épousa une fille du Jalofo qui lui donna une superbe fille. Pour Waly, il était évident que " l'argent ne sortirait pas de la pirogue", que son héritier épouserait sa cousine. C'était la tradition. Il fallait la respecter pour conserver leur identité.
En cinq années, il s'était forgé une réputation de taille. Il était devenu incontournable.
  Le commerce se faisait sur la base d'une entente première. Aussi, dès le mois de décembre de chaque année, Sidy était-il envoyé à l'escale pour voir et s'entendre avec les marchands sur les prix. Il y trouvait quelques maures prévoyants.
Désormais, á l'ouverture de la saison, il arrivait avec une caravane aussi impressionnante que celle des Maures. Il se faisait héberger chez le plus influent traitant où l'on le choyait comme un prince. En quittant la demeure de son hôte, il s'approvisionnait au comptoir de celui-ci en colas, sel, fer, basins, tabac, tissus fantaisie, malles, articles de chasse,...
Le représentant saint-Louisien d'une grande maison de commerce le contacta. Il lui présenta toutes les bonnes raisons qu'il avait de lui confier la tenue de sa comptabilité. Il lui parla des possibilités de crédit qui permettrait son expansion. Waly accepta. La seule chose qu'il savait était qu'il lui fallait garder la tête hors de l'eau. Survivre tout simplement.
Les années passant, ses besoins s'amplifiant, il dépensait sans compter une fortune á l'escale. Il se constitua une collection personnelle d'armes à feu. Il ne regarda pas à la dépense et ne lésina pas sur les moyens pour s'en procurer.
Sidi le supplia d'être prudent. Les toubabou comme les Maures, n'aimaient pas trop " les rêves de grandeur" des Noirs, mais son beau-frère n'en avait que faire.
Il lui fallait accomplir un rêve d'enfant.
Sokhna Benga, Waly Nguilane, le protégé de Roog, Tome2, pp 57-59, NEAS, 2003.

Quelques axes de lecture

-          Waly, le nouveau riche

-          Une relation teintée de confiance entre Sidi, le peul, Chef de tente et Waly, son beau-frère, sereer, cultivateur, éleveur, commerçant.

-          Quelle est la tonalité du texte ?

-          Les valeurs des temps verbaux

-          Repérage : une traduction littérale ; repérage de figures de style : comparaison, antithèse, pléonasme, etc.

 

Bon dimanche à tous !

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 03 mai 2015