Paul Verlaine

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

 

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent

Pour elle seule, hélas ! Cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Et seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.

Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore

Comme ceux des aînés que la Vie exila.

 

Son regard est pareil au regard des statues,

Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L’inflexion des Voix chères qui se sont tues.

 

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens,1866

                                Quelques axes de lecture

- Un portait de femme

- Qu’est-ce qui relève du rêve ?

- Des éléments ayant trait à la nostalgie

- Repérage et interprétation de figures de style : comparaison, parallélisme, métaphore, polysyndète, anaphore, métonymie, ellipse, etc.

 * Versification :

- Quelle est la longueur des vers ?

- Quel nom donne-t-on à ce type de poème ? Est-il régulier ou irrégulier ?

Bon dimanche !                                                                                   24/ 05/2015

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Date de dernière mise à jour : vendredi, 04 novembre 2016