Extrait des Soleils des indépendances

A. Kourouma

Douzième texte                                                                                                                                                       27/07/2014

Un voyage s’étudie : on consulte le sorcier, le marabout, on cherche le sort du voyage qui se dégage favorable ou maléfique. Favorable, on jette le sacrifice de deux colas blancs aux mânes et aux génies pour les remercier. Maléfique, on renonce, mais si renoncer est infaisable (et il se présente de pareils voyages), on patiente, on court chez le marabout, le sorcier ; des sacrifices adoucissent le mauvais sort et même le détournent. Mais le clair, le droit, le sans reste, le sans ennui, c’est arrêter un voyage marqué par le mauvais sort. Un sacrifice qui dira s’il sera oui ou non accepté ?

Maintenant dîtes-le moi ! Le voyage de Fama dans la capitale (d’une lune, disait-il), son retour auprés de Salimata[1], prés de ses amis et connaissances pour leur apprendre son désir de vivre définitivement à Togobala[2], vraiment nécessaire ? Non et non ! Or le voyage de Fama portait un sort très maléfique. Seuls de très bons sacrifices pouvaient l’adoucir, et pour le détourner, de très durs sacrifices. Balla l’a dit et redit. Fama a durci les oreilles, il lui fallait partir. Une certaine crânerie nous conduit à notre perte.

Ahmadou Kourouma, Les Soleils des indépendances, Ed. du Seuil.

Quelques axes de lecture

-          Qu’est-ce qui montre que l’auteur a pensé en malinké et écrit en français ?

-          Où se situent les entorses à la grammaire française classique ?

-          Existe-t-il des transitions entre les phrases ?

-          Qu’est-ce qui renvoie à la superstition ?

-          Sur quelle antithèse est construit le premier paragraphe ?

 

A vos claviers, participez !

 



[1] Première épouse de Fama

[2] Capitale de la province du Horodougou, République populaire du Nikinai

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Date de dernière mise à jour : mardi, 24 mars 2015