La corruption, une pratique quotidienne

Premiére partie

Nous prîmes un taxi clando au terminus Liberté 5, prés de station SHELL. Arrivés au rond-point Jet d’eau, un policier en uniforme intima à notre jeune chauffeur l’ordre de s’arrêter. Ce dernier en maillot base ball bleu assorti d’un pantalon noir s’exécuta et l’attendit tranquillement jusqu’à ce que le policier nous rejoignît et lui demandât ses papiers.

Paradoxalement, notre chauffeur en parfait clandestin, n’était pas en régle, du moins il n’avait pas par devers lui son permis.

Il présenta non sans hésiter au policier un papier de couleur blanche. Ce que lui reprocha le policier qui lui demanda finalement d’arrêter le moteur. Et de lui remettre la clé. Le policier qui portait une casquette sur laquelle nous lisions POLICE, lâcha :

-          Sur cet axe, on ne roule pas sans papier, avant de repartir sur ses pas, avec une certaine assurance.   

Enfin un vrai policier aurait dit notre neveu Belge. Ayant récupéré la clé, le policier continua son job et arrêta deux autres véhicules. Moment choisi par l’un des clients se trouvant à côté du chauffeur pour entrer en scène. Ce jeune dira au chauffeur qu’il a eu tort de n’avoir pas présenter un papier. Il nous semblait expérimenter vu qu’il donnait des consignes au jeune chauffeur. Pendant ce temps, nous jouions au curieux et posions des questions. Sûr de lui, ce client particulier demanda au chauffeur de prendre un billet de 1000 francs et d’aller rejoindre le policier pour le corrompre. Tel un scénario écrit, Il mit le billet au creux de sa main, descendit et s’en alla trouver le policier qui donnait cours à son show en faisant semblant de refuser de céder à la corruption.

Le chauffeur joua le jeu, en ne désespérant pas. Il revint vers nous et nous fit savoir qu’on allait bientôt repartir. Ne quittez pas, j’arrive, nous dira-t-il. Il remit dans un premier temps le billet de 1000frs au policier avant de nous rejoindre oubliant que son policier corrompu avait confisqué sa clé. Il la récupéra et peina pour redémarrer la voiture.

Un tel policier ne nous honore pas.

Deuxième partie

Autre clando, autre policier

Le chauffeur roulait à bord d’un Peugeot 205 de couleur grise. Il klaxonnait afin de prouver qu’il conduisait un « clando ». Nous le hélâmes ; il s’arrêta net à un mètre de nous. Nous venions, mon collègue et moi d’une réunion de concertation.

-Où allez-vous, nous demanda le chauffeur.

- Guédiawaye, Lycée BI, lui disions-nous.

On marchanda pendant un peu plus d’une minute avant qu’il ne nous invita à embarquer bien qu’il ne sût exactement où se situait le lycée en question. Il ne voulait point laisser passer cette occasion, cette chance de l’après midi.

Nous parcourûmes plusieurs centaines de mètres puis nous arrêtâmes pour demander aux passants. Le chauffeur nous expliqua entretemps les raisons l’ayant poussé à accepter cette course.

-Vous constituez mes premiers clients. Je n’ai point voulu vous laisser partir à cause d’une pilule très amère que j’ai du mal à digérer.

De quelle pilule parlez-vous, ajoutions-nous ?

Il racontait : un policier m’a arrêté alors que je venais de démarrer. N’ayant pas pu glisser un billet de 500francs dans le permis parce que n’en détenant pas, il confisqua mon permis. Vous voyez, je n’avais que des pièces et celles-ci ne peuvent être mises à l’intérieur du permis.

Désemparé, il ne savait pas s’il pourrait réunir la somme requise  pour récupérer son permis avant la rupture.

Troisième partie : Il essaya de nous corrompre

Il n’y a pas que les policiers qui sont exposés. Nous aussi avions fait l’objet d’une tentative de corruption de la part d’un membre du jury dans lequel nous siégions lors d’un récent examen.

Notre collègue qui avait tenu dés le départ à sympathiser avec nous, crut important de nous demander un service, non des moindres : frauder, tricher, mentir bref donner une note à un numéro qu’il souffla au creux de notre oreille lorsqu’il se pencha vers nous. Nous étions en train de corriger ce qui était très grave à notre avis.

La copie se trouvant dans notre lot appartiendrait à sa fille, ce qu’il sut nonobstant le numéro d’anonymat.

Sur le vif, nous avions pris l’option de jouer le jeu en lui disant : soit. Même si nous n’en revenions pas, nous savions que nous ne donnerions que les notes méritées.

Nous retenions le numéro et plus tard inscrirons la note suivant le mérite. Si nous avons à l’avenir un cas de conscience, verrions-nous notre probable corrupteur.

Pense-t-il rendre service à sa supposée fille en agissant de la sorte ? Toujours est-il que nous le gardions en repérage, tout en menant notre propre enquête pour savoir si son projet avait abouti, si sa protégée avait réussi.

Le jour de la proclamation des résultats, il nous annonça la bonne nouvelle mais nous voyions en lui quelqu’un qui pouvait être capable de tripatouiller les notes pour parvenir à ses fins car se trouvant au cœur du système.

Il eut le culot de nous remercier après nous avoir annoncé la réussite de sa protégée alors que nous étions sûrs de ne pas avoir participé à cette forfaiture.

Tant que nous n’aurons pas le réflexe du mérite, de telles pratiques subsisteront. 

  

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Date de dernière mise à jour : mercredi, 06 août 2014