Texte onzième, Charles Baudelaire

L'Homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables!

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

Quelques axes de lecture

-          Repérage des champs lexicaux : de la mer, de la violence, de la durée, de l’amour, etc.

-          Repérez le champ sémantique de la mort

-          Quels liens établissez-vous entre le début du poème et sa chute ?

-          Quels qualités et défauts l’homme et la mer ont-ils en commun ?

-          A quels éléments du texte renvoient ces adjectifs : ténébreux, discrets, narcissique ?

-          Quel sens peut-on donner aux exclamations ?

-          Que peut symboliser la disposition des rimes dans les quatrains ?

A vos claviers, participez !

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 20 juillet 2014