Texte vingt deuxième : Arthur Rimbaud

Le dormeur du val

L’horreur de la guerre de 1870 a inspiré au jeune Rimbaud des textes inoubliables, comme « Le dormeur du val », extrait de Poésies.

C'est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons[1]
D'argent ; où le soleil de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse[2] de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson[3] bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue[4].
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls[5], il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur la poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud 1854/1891

Quelques axes de lecture

- Comment appelle-t-on ce type de poème ? Justifiez.

- Le symbolisme ou l’art de la suggestion

- Un sommeil suspect

-Quel sens peut-on donner à la chute du poème ?

- Repérage des figures de style : personnification, métaphore, comparaison, allégorie, apostrophe, hyperbole, synecdoque, antithèse, etc.

-Versification : Disposition, qualité et nature des rimes

- Relevez des rejets et un contre-rejet dans ce texte.

 Liens utiles : La versification

Les figures de style ou de rhétorique

 

05/10/2014

 

[1] Les haillons d’argent désignent les jeux de lumière dans l’herbe mouillée

 [2] Déborde ; est rempli

 [3] Plante qui pousse en terrain très humide

 [4] Les nuages, le ciel

 [5] Variété de fleurs appelées dans les Ardennes « glaïeuls des marais »

 

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 17 janvier 2016