Extraits de la déclaration du Forum Civil

Section sénégalaise de Transparency International

Sur l’Indice de Perception de la Corruption de 2014

La publication des résultats de l’Indice de perception de la corruption édition 2014 nous offre l’opportunité d’abord de rappeler le sens, la portée et l’impact de la corruption dans notre société contemporaine.

La corruption et la mal gouvernance se développent le plus souvent, dans un contexte marqué par l’absence de sanctions exemplaires,  l’inefficacité des mécanismes institutionnels de contrôle ainsi que les formes de tolérance sociale encouragée par une culture d’impunité.

  • Informations sur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC)

L’introduction des outils de mesure de la corruption par Transparency International a été introduite  en 1995. Depuis lors, Transparency international publie chaque année un classement mondial à partir de l’IPC qui donne le niveau de corruption perçue dans les différents pays concernés. Transparency International utilise aussi d’autres instruments qui permettent d’appréhender la corruption dans le monde.

                      IPC 2013

Rang

77éme/175 pays

 

Score

41/100

 

 

 

IPC 2014

Rang

69 éme/174

Score

43/100

 

 

Au regard de cette comparaison, le Sénégal a fait, cette année, une progression de deux points sur le score par rapport à l’année précédente. Malgré cette progression, le Sénégal reste  tout de même dans la zone rouge, c’est-à-dire au dessous du score de 50/100. 

Aussi, le Forum Civil recommande à l’Etat du Sénégal :

Mesures répressives contre l’enrichissement illicites :

  1.   La transposition significative des instruments internationaux et sous régionaux en matière de lutte contre la corruption et de ces infractions connexes;
  2. L’OFNAC doit entré dans sa phase opérationnel pour la mise en œuvre de sa stratégie;
  3. L’Etat doit accorder un traitement plus diligent des rapports des organes de contrôle   (Inspection Générale d’Etat, Cour des Comptes, Autorité de Régulation des Marchés Public) ;
  4. Le renforcement des moyens de la Cour de Répression de l’enrichissement illicite (CREI)  et de ceux de tous les acteurs qui interviennent sur ces  questions ;                                                      
  5. La création d’une commission de recouvrement des biens mal acquis qui est une décision indispensable pour éviter toute accusation d’instrumentalisation politique et pour plus d’efficacité dans la traque;

Mesures  préventives contre la corruption :

L’intérêt de privilégier cette démarche c’est qu’elle revêt un caractère dissuasif qui limite les cas de corruption, et a l’avantage de présenter des coûts moindres liés aux procédures judicaires longues et inefficaces financièrement. Il s’agit principalement de :

  • La transposition  effective  de la loi portant code de transparence dans la gestion des finances publiques.

Ceci consiste à adopter les mesures suivantes :

  1. Une loi sur la prévention des conflits d’intérêts,
  2. une loi sur le  financement des partis politiques ;
  3. Une loi l’accès à l’information ;
  4. Un code de conduite et de déontologie …
  • L’introduction dans les curricula de modules sur l’éthique et l’intégrité dans les programmes scolaires, mais aussi dans les instituts publics de formation professionnelle (Ecole Nationale d’Administration, CNPT, Ecole Supérieure Polytechnique, Centre de Formation Judiciaire, …) ;
  • La mise en place de pacte d’intégrité dans le secteur privé…

Il y a une embellie qui peut devenir une éclaircie relativement à l’intégrité dans la gestion des affaires publiques au Sénégal. Cependant il faudra mettre la clairvoyance et la détermination nécessaire pour  la prise de mesures courageuses qui ne tiennent compte d’aucun camp politique ou religieux.

.Fait à Dakar le 03/12/2014

                                                                                                       Forum Civil

 

 

 

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