Les effectifs pléthoriques

Les effectifs pléthoriques

Nous, Professeurs des lycées ou collèges et les effectifs pléthoriques !

 Pro-fes-seurs :

« Ainsi, donc, vous avez repris de plus belle vos grèves ? », s’indigne cette femme, la trentaine révolue, pour condamner l’attitude des professeurs syndicalistes. En effet, une toute nouvelle doléance est venue se greffer à celles déjà existantes et qui formeraient un long chapelet.

Un problème, et non des moindres : la pléthore d’élèves se trouvant dans les salles de classes dérange, à juste titre, les professeurs du Moyen-secondaire, au point qu’ils mettent en marche un mode opératoire qui pose réellement problème.

Acte discriminatoire : Reconnaissons tout de même le caractère discriminatoire de cet acte posé, particulièrement depuis le début de cette année scolaire. N’est-ce pas une réplique aux menaces que ne cessent de proférer les nouvelles autorités étatiques ?

Alors qu’au vingt et unième siècle, on tend à lutter contre toute forme de discrimination, cet acte est, disons –le, discriminatoire.

Sur quel aspect objectif doit-on se fonder pour montrer qu’il est inadmissible d’avoir plus de quarante cinq ou soixante élèves dans une classe ? Diront les néophytes. Qu’on s’entende, au moins sur un point : un nombre élevé d’élèves ne favorise pas un enseignement de qualité.

Première possibilité : Une fois en classe, l’enseignant s’attèlerait à avoir une idée assez nette sur le nombre d’élèves présents. S’il en arrive à la constatation selon laquelle le nombre dépasse celui prévu par certains textes « officiels », il quitte la classe.

Deuxième possibilité : Il procède à l’appel s’il atteint le nombre, il mettrait à la porte le surplus d’apprenants. Notons que  dans ce cas de figure, les élèves dont les lettres initiales de leur nom se situeraient vers la fin de l’alphabet seraient très exposés, pour ne pas dire toujours sacrifiés. Fait impensable ces pauvres ne sauraient changer de noms de famille juste pour échapper à cette règle.

Ces deux possibilités  créent forcément des cas de conscience.

Lors du vote du budget du Ministère de l’Education, M. Serigne Mbaye Thiam avait, en répondant aux questions des députés relatives à cet aspect, souligné qu’on était devant le fait accompli, dans la mesure où les classes avaient déjà été constituées depuis la rentrée. Par conséquent, à l’avenir des solutions ne manqueraient pas d’être trouvées eu égard au problème posè.

Les responsabilités sont, à notre avis, partagées. Autorités étatiques, personnels administratifs et enseignants se les partagent. Si les deux premières entités ont fait que les classes soient bondées d’élèves  selon le célèbre slogan Education Pour Tous (EPT) sous l’égide de bailleurs de fonds  notamment de la Banque Mondiale ; la dernière a trouvé une manie qui nous satisfait peu.

 De nouvelles négociations franches doivent être ouvertes pour solutionner tous ces maux inhérents à l’école publique sénégalaise.

Est-ce qu’en toile de fond ne se situeraient pas d’autres revendications tels que le paiement, à date échue, des salaires et indemnités, le respect des accords, la validation des années de vacation et de contractualisation, etc. ?

Comme solution conjoncturelle on pourrait proposer des indemnités ou primes à ceux qui détiendraient des classes aux effectifs pléthoriques.

Et comme solution structurelle :

Sachons que le problème est suffisamment délicat pour ne pas être occulté. L’éducation pour tous a forcément un prix. Aux autorités de trouver des écoles et des enseignants  en nombre suffisant afin d’assurer  à la jeunesse sénégalaise un bel avenir, qui passerait par une éducation de qualité.

A l’Etat de faire de sorte que les syndicalistes se dessaisissent des positions qu’ils ont prises depuis peu.

   M. DIALLO IBNOU

Doctorant ès Lettres Modernes, Option Grammaire Moderne

Professeur de Lettres Modernes ( ibndiallo@gmail.com)

Blog : ibnoze.seneweb.com

www.ibndiallo.e-monsite.com

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 17 février 2013