Texte quatre-vingt-quatrième : Musset à l’honneur

​Sonnet à M.Victor Hugo

Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,
Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.
Puis le cœur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,
Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.

De ces biens passagers que l’on goûte à demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. – Qu’un hasard nous rassemble,

On s’approche, on sourit, la main touche la main,
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.
Alfred de Musset

(Poésies nouvelles – 26 avril 1843 )

 

                         Quelques axes de lecture

- Victor Hugo et Alfred de Musset : Les retrouvailles

- Quel sens donnez-vous à la chute du poème

- Choix difficiles à première vue : une nécessité, selon Musset.

- Un texte riche en signes de ponctuation

- Repérage et interprétation de figures de style : anaphore, ellipse, parallélisme, antithèse, gradation, énumération, métonymie, personnification, comparaison,  etc.

- « On », « nous » : marques du lyrisme

Bon dimanche à tous !

20/12/2015

 

 

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